Sujet blanc DELF B2 n°24 — plateforme indépendante

Compréhension de l'oral

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Voici une intervention enregistrée lors d'un débat organisé par une association environnementale. Le thème est : 'Faut-il interdire les voitures individuelles dans les centres-villes ?'. Les intervenants sont : Clara Martin, économiste des transports ; Pierre Dubois, représentant d'une fédération automobile ; et Leila Benali, urbaniste. Voici la transcription partielle de leur échange : Clara Martin : 'Les données sont accablantes : en 2023, 30% des trajets en ville de moins de 5 km se font encore en voiture, alors que les alternatives existent. Les embouteillages coûtent chaque année 100 milliards d'euros à l'économie française. Sans parler de la pollution atmosphérique, responsable de 40 000 décès prématurés par an. Une interdiction progressive des véhicules thermiques dans les centres-villes, couplée à un développement massif des transports en commun et du vélo, permettrait de réduire ces chiffres de moitié d'ici 2030. Les villes comme Oslo ou Pontevedra ont déjà montré que c'était possible.' Pierre Dubois : 'Madame Martin, vous parlez de chiffres, mais avez-vous pensé aux familles modestes ? Une voiture, même ancienne, c'est souvent le seul moyen de se déplacer pour aller travailler, faire ses courses ou emmener ses enfants à l'école. Et puis, interdire la voiture, c'est nier la liberté individuelle. Les solutions alternatives ne sont pas toujours accessibles : un trajet en bus peut prendre deux fois plus de temps qu'en voiture, et les vélos sont inutilisables en cas de pluie ou de neige. Sans compter que cette mesure pénaliserait les artisans et les commerçants, dont l'activité dépend de la mobilité.' Leila Benali : 'Je comprends les craintes, mais la liberté individuelle s'arrête là où commence celle des autres. La voiture individuelle, surtout en ville, est une liberté égoïste. Monsieur Dubois, vous dites que les alternatives ne sont pas accessibles, mais c'est précisément parce qu'elles ne le sont pas qu'il faut les développer ! À Copenhague, le vélo représente 62% des déplacements, et pourtant, il pleut souvent. Quant aux artisans, des aides existent pour les aider à s'adapter, comme des subventions pour des véhicules électriques ou des zones de livraison repensées. Et puis, qui parle des enfants ? Combien d'entre eux meurent chaque année dans des accidents de voiture en ville ? La sécurité routière, c'est aussi une question de santé publique.' Clara Martin : 'Exactement. Et n'oublions pas l'aspect économique : une ville sans voiture, c'est une ville où l'immobilier devient plus abordable, où les espaces publics sont réinvestis, et où la qualité de vie s'améliore. Les études montrent que les habitants de ces villes sont plus heureux et plus productifs.'

Transcription (mode entraînement)

Quel chiffre Clara Martin cite-t-elle pour illustrer le coût économique des embouteillages en France ?

Pourquoi Pierre Dubois s'oppose-t-il à l'interdiction des voitures dans les centres-villes ?

Quel argument Leila Benali utilise-t-elle pour contrer l'idée que les alternatives à la voiture ne sont pas accessibles ?

🔊 Document audio

Animateur : Aujourd'hui, nous recevons Sophie Martin, historienne de l'art et autrice de l'ouvrage « L'art comme résistance : du street art à l'art contemporain ». Sophie, votre thèse centrale est que l'art contemporain a perdu sa capacité à déranger. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? Sophie Martin : Merci de m'accueillir. Effectivement, je pense que l'art contemporain s'est institutionnalisé. Prenez les biennales comme celle de Venise : elles sont devenues des événements mondains où les artistes sont sélectionnés en fonction de leur capacité à plaire aux collectionneurs plutôt qu'à provoquer une réflexion. L'art doit choquer, provoquer, sinon il n'est qu'un simple objet de décor. Regardez Banksy : son travail a commencé dans l'illégalité, avec des messages politiques forts. Aujourd'hui, ses œuvres s'arrachent à des millions d'euros, mais elles ne dérangent plus personne. Pire, elles sont exposées dans des musées et des galeries où on les admire comme on admire un tableau de Monet. Animateur : Mais n'est-ce pas une évolution normale de l'art ? L'art a toujours été un miroir de son époque, non ? Sophie Martin : Oui, mais à une condition : qu'il conserve sa dimension subversive. Picasso avec « Guernica », ou même Duchamp avec son « Fontaine », ont marqué l'histoire parce qu'ils ont cassé les codes. Aujourd'hui, l'art contemporain est souvent produit pour être consommé, comme un produit de luxe. Les artistes sont encouragés à créer des œuvres qui se vendent bien, qui plaisent aux médias et aux influenceurs. Résultat : on assiste à une uniformisation des styles et des messages. L'art est devenu un business, et le business n'a pas besoin de déranger. Animateur : Donc, selon vous, l'art contemporain a trahi son rôle initial ? Sophie Martin : Exactement. Son rôle initial était de questionner, de bousculer, de faire réfléchir. Aujourd'hui, il se contente souvent de divertir ou de décorer. Et quand il essaie de déranger, il est immédiatement récupéré par le système. Prenez l'exemple de l'artiste chinois Ai Weiwei : ses œuvres politiques sont célébrées dans le monde entier, mais ses messages sont-ils vraiment entendus ? Non, car ils sont dilués dans une esthétique qui plaît au public occidental. L'art doit redevenir un acte de résistance, sinon il n'est plus qu'un divertissement de plus dans une société déjà saturée de stimuli.

Transcription (mode entraînement)

Quel est le principal reproche que Sophie Martin fait à l'art contemporain selon ce débat ?

Pourquoi Sophie Martin cite-t-elle Banksy comme exemple dans son argumentation ?

Que sous-entend Sophie Martin en disant que l'art contemporain est devenu un « business » ?

Compréhension des écrits

Dans un essai publié en 2023, la philosophe Claire Duvall analyse les effets paradoxaux des réseaux sociaux sur notre rapport au temps. Elle y développe l'idée que ces plateformes, loin de nous libérer des contraintes temporelles, les ont au contraire exacerbées. Selon elle, l'instantanéité de la communication et la surcharge d'informations ont transformé notre perception du temps en une succession d'instants éphémères et déconnectés les uns des autres. « Nous ne vivons plus dans le temps, mais dans une accumulation de présent perpétuel », écrit-elle. L'auteure montre comment cette fragmentation temporelle affecte notre capacité à nous projeter dans l'avenir ou à réfléchir sur le passé. Elle cite en exemple l'usage des stories sur les réseaux sociaux, qui privilégient des contenus éphémères et favorisent une consommation compulsive de l'instant. Enfin, Duvall appelle à une « résistance temporelle » en proposant des pratiques comme la déconnexion régulière ou la relecture attentive des messages, afin de retrouver une relation plus apaisée avec le temps.

Quel est le paradoxe principal que Claire Duvall identifie dans son essai concernant les réseaux sociaux ?

Pourquoi Claire Duvall considère-t-elle que les stories des réseaux sociaux illustrent la fragmentation du temps ?

Quelle solution Claire Duvall propose-t-elle pour lutter contre cette fragmentation temporelle ?

Depuis plusieurs décennies, les métropoles françaises se transforment radicalement sous l’effet de la densification urbaine et des politiques de développement durable. Pourtant, cette mutation soulève un paradoxe : alors que les centres-villes deviennent plus verts et mieux desservis par les transports en commun, les périphéries, souvent reléguées aux marges des décisions politiques, subissent un phénomène de désinvestissement croissant. Ce déséquilibre interroge la notion même de ville durable. En effet, comme le souligne le géographe Éric Charmes dans son essai *La Ville éclatée* (2021), les politiques publiques ont trop longtemps privilégié une approche centralisée, ignorant les besoins spécifiques des territoires périurbains. Ces derniers, caractérisés par une dépendance accrue à la voiture, des services publics réduits et une précarité économique croissante, voient leur attractivité diminuer, malgré leur rôle clé dans l’équilibre territorial. Les habitants de ces zones, souvent stigmatisés comme des « automobilistes égoïstes » ou des « ruraux attardés », sont en réalité les premières victimes d’un système qui a failli à les intégrer. Pourtant, des solutions existent : le développement des mobilités douces en périphérie, la revitalisation des commerces de proximité ou encore la création de pôles d’emplois décentralisés pourraient inverser cette tendance. Mais ces initiatives restent marginales, faute de moyens financiers et d’une volonté politique claire. La question n’est donc plus seulement technique ou économique, mais bien éthique : une ville durable ne peut être durable que si elle est solidaire, c’est-à-dire inclusive pour tous ses territoires et tous ses habitants, qu’ils vivent en hypercentre ou en zone périurbaine désertée.

Quel paradoxe est soulevé dans le texte concernant les métropoles françaises ?

Quel exemple de solution est mentionné pour améliorer la situation des périphéries ?

Pourquoi les habitants des périphéries sont-ils qualifiés de « victimes d’un système » dans le texte ?

Production écrite

Vous avez lu un article de presse concernant l'impact environnemental des transports en commun dans les grandes villes. L'auteur défend l'idée que les transports en commun doivent être gratuits pour réduire la pollution. Vous êtes invité à participer à un débat en ligne sur le sujet. Rédigez une contribution argumentée dans laquelle vous exprimez votre point de vue sur cette question, en prenant en compte les avantages et les inconvénients potentiels d'une telle mesure.

250 mots minimum

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La question de savoir si les transports en commun doivent être gratuits pour réduire la pollution est un sujet complexe qui suscite de nombreuses discussions. D'un côté, il est certain que rendre les transports en commun gratuits contribuerait à diminuer le nombre de véhicules personnels sur la route, ce qui aurait un impact positif sur la qualité de l'air dans les grandes villes. En effet, les transports en commun sont généralement plus respectueux de l'environnement que les véhicules individuels, car ils permettent de transporter un grand nombre de passagers avec une consommation d'énergie et d'émissions de gaz à effet de serre moindres. De plus, des études ont montré que les villes qui ont mis en place des systèmes de transport en commun gratuits ont connu une baisse significative de la pollution de l'air. Cependant, il est également important de considérer les inconvénients potentiels d'une telle mesure. Tout d'abord, il faudrait trouver des moyens pour financer les transports en commun, ce qui pourrait nécessiter des hausses d'impôts ou des réallocations de budgets publics. De plus, il est possible que la gratuité des transports en commun attire plus de passagers, ce qui pourrait entraîner des problèmes de surpopulation et de qualité du service. Pour résoudre ces problèmes, il pourrait être plus efficace de mettre en place des mesures incitatives, telles que des tarifs réduits pour les usagers réguliers ou des abonnements mensuels à prix raisonnables. En conclusion, même si rendre les transports en commun gratuits peut sembler être une solution simple pour réduire la pollution, il est essentiel de prendre en compte les complexités du problème et d'explorer des solutions plus nuancées et durables.

Auto-évaluation avec la grille officielle. Ce n'est pas une note officielle.

Production orale

Vous allez participer à un débat en classe sur le thème suivant : **Faut-il rendre le vote obligatoire en France pour tous les citoyens ?** Document déclencheur : Extrait d’un éditorial du journal *Le Monde* (2023) : *« En 2022, l’abstention a atteint 53,7 % au second tour des législatives, un record historique. Face à ce désengagement croissant, certains plaident pour un vote obligatoire, comme en Belgique ou en Australie. Pour ses partisans, cela renforcerait la légitimité des élus et luttrait contre l’abstentionnisme. Ses détracteurs y voient une atteinte aux libertés individuelles et une mesure inefficace, car le vote forcé ne garantit pas un choix éclairé. Le débat reste vif : et si l’obligation était la solution ? »* **Consigne** : Présentez votre point de vue sur cette question en vous appuyant sur des arguments structurés. Vous devrez : - Introduire le sujet et prendre position clairement (pour ou contre le vote obligatoire). - Présenter au moins deux arguments solides avec des exemples concrets (français ou internationaux). - Répondre à une objection possible de l’auditoire. - Conclure en proposant une alternative ou en ouvrant sur une piste de réflexion. Durée : 5 minutes (préparation : 30 minutes, passage : 5 minutes).

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Depuis plusieurs décennies, les taux d’abstention en France lors des élections ne cessent de battre des records, comme en témoigne l’éditorial du *Monde* que nous venons de lire. Face à ce phénomène, certains pays, comme la Belgique ou l’Australie, ont choisi de rendre le vote obligatoire. Aujourd’hui, je souhaite défendre l’idée que le vote obligatoire pourrait être une solution pertinente pour notre démocratie. Je suis donc favorable à l’instauration d’un vote obligatoire en France, à condition qu’il soit accompagné de mesures pour garantir une citoyenneté éclairée. 1 Renforcement de la légitimité démocratique Premièrement, le vote obligatoire permettrait de renforcer la légitimité des élus. En Belgique, où ce système est en place depuis 1893, le taux de participation dépasse régulièrement 85 %, contre 50 % en France lors des dernières élections européennes. Une participation massive réduit les risques de gouvernance minoritaire et renforce la représentativité des institutions. Par exemple, lors des élections fédérales belges de 2019, le taux de participation a atteint 88,4 %, contre 50,1 % en France pour les européennes la même année. 2 Lutte contre l’abstentionnisme et l’indifférence politique Deuxièmement, cette mesure pourrait contribuer à réduire l’indifférence politique, notamment chez les jeunes. En Australie, où le vote est obligatoire depuis 1924, les jeunes votent davantage qu’en France, même s’ils ne sont pas toujours satisfaits des choix proposés. Le vote obligatoire les oblige à s’informer et à participer, ce qui peut éveiller un intérêt plus durable pour la vie politique. Une étude de l’INSEE en 2021 montre que 70 % des 18-24 ans en France s’abstiennent lors des élections législatives, un chiffre qui chute à 20 % en Australie pour la même tranche d’âge. Mais n’est-ce pas une atteinte aux libertés individuelles que d’obliger les citoyens à voter ? C’est une objection légitime, mais le vote obligatoire n’est pas une contrainte arbitraire : il s’agit d’un devoir civique, comme payer ses impôts ou faire la déclaration de revenus. En Belgique, par exemple, les électeurs reçoivent une carte d’électeur qu’ils doivent présenter au bureau de vote, mais aucune sanction pénale n’est appliquée en cas d’absence (seulement une amende symbolique de 20 à 30 euros). L’obligation est donc progressive et pédagogique. De plus, elle ne limite pas la liberté de choix : le citoyen peut toujours voter blanc ou nul, ce qui permet d’exprimer un désaccord sans boycotter le processus démocratique. En conclusion, le vote obligatoire, s’il est bien encadré, pourrait redonner du sens à la démocratie française en augmentant la participation et en réduisant les gouvernances minoritaires. Cependant, il doit s’accompagner de mesures pour éduquer les citoyens et éviter une participation purement mécanique. Pour aller plus loin, on pourrait imaginer un système hybride : vote obligatoire pour les élections majeures (présidentielles, législatives), mais facultatif pour les scrutins locaux, afin de responsabiliser progressivement les électeurs. Qu’en pensez-vous ?

Auto-évaluation avec la grille officielle. Ce n'est pas une note officielle.